Épinac, une histoire entre seigneurs et révolution industrielle
De Monestoy à Épinac

L’histoire d’Épinac remonte à l’époque gallo-romaine. Situé sur une ancienne voie reliant notamment Autun, le territoire est progressivement occupé avant de voir s’élever, au Moyen Âge, le château de Monestoy, surplombant la vallée de la Drée.
Pendant plusieurs siècles, le village porte le nom de Monestoy et se développe autour de son château. De nombreux seigneurs se succèdent.
Des personnages qui ont marqué l’histoire
Nicolas Rolin (1376-1462), chancelier de Bourgogne, devient seigneur de Monestoy en 1429. Il entreprend d'importants travaux au château et contribue à son développement.
Au XVIe siècle, le domaine passe à la famille d’Épinac. C’est à cette époque que le nom d’Épinac apparaît progressivement à la place de Monestoy.
En 1656, Louis de Pernes obtient de Louis XIV que le nom d’Épinac remplace officiellement celui de Monestoy. Le territoire devient alors le comté d’Épinac, dont Louis de Pernes est le premier comte.
Le tournant industriel du XVIIIe siècle
Le véritable tournant de l’histoire d’Épinac intervient au XVIIIe siècle, sous la famille Clermont-Tonnerre.
En 1735, Gaspard de Clermont-Tonnerre entreprend les premières recherches fructueuses de houille. De nouvelles découvertes sont réalisées en 1744 par le sondeur François Rozan, puis l’exploitation est autorisée en 1754.
Gaspard de Clermont-Tonnerre est également à l’origine de la verrerie d’Épinac, fondée en 1755. Le charbon et la production de verre vont ainsi devenir les premiers moteurs du développement économique local.
Épinac entre dans l'ère industrielle
Après la Révolution française, l'exploitation des mines de houille, la production de bouteilles par la verrerie puis l'arrivée du chemin de fer transforment profondément la ville.
Épinac devient progressivement une véritable cité industrielle, dont l'activité économique repose sur le charbon, le verre et les nouvelles infrastructures de transport.
En 1826, le Dijonnais Samuel Blum, maître de forges, acquiert le château, la verrerie et les mines. Cette période marque une nouvelle étape dans le développement industriel d’Épinac.
L’innovation au service des mines
Au XIXᵉ siècle, Zulma Blanchet, ingénieur et directeur des Houillères et du Chemin de fer d’Épinac, participe à cette dynamique d’innovation.
Il est associé au développement du puits Hottinguer, dont le système d’extraction atmosphérique utilisant le vide constitue une innovation technique majeure pour l’exploitation minière.
Le puits Hottinguer atteint 618 mètres de profondeur, témoignant de l’ampleur prise par l’exploitation charbonnière à Épinac et du niveau d’innovation atteint par les ingénieurs et les exploitants de l’époque.
Une ville en plein essor au XIXe siècle
Le développement économique entraîne une forte croissance de la population. En 1850, Épinac compte 3 273 habitants, répartis dans 713 maisons.
En 1858, la ville possède notamment cinq moulins à blé, un moulin à tan, six fours à chaux et quatre tuileries, témoignant de la diversité de ses activités économiques.
Cette période industrielle façonne durablement le paysage et l'identité d'Épinac. Le Puits Hottinguer, les anciennes installations minières, la verrerie et le chemin de fer constituent aujourd'hui les témoins majeurs de cette histoire.
Une histoire encore visible aujourd'hui
Des seigneurs de Monestoy aux entrepreneurs de l'époque industrielle, plusieurs personnalités ont contribué à façonner Épinac :
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Nicolas Rolin, grand personnage de la Bourgogne médiévale ;
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Louis de Pernes, premier comte d'Épinac ;
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Gaspard de Clermont-Tonnerre, à l'origine des recherches de houille et de la verrerie ;
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Samuel Blum, qui reprend les mines et la verrerie au XIXe siècle ;
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Zulma Blanchet, ingénieur et directeur des Houillères et du Chemin de fer d’Épinac.
Leur histoire accompagne celle d'une commune passée progressivement de la seigneurie de Monestoy à une cité industrielle, dont le patrimoine minier et ferroviaire témoigne encore aujourd'hui de l'importance économique qu'elle a connue au XIXe siècle.
